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ONU : LE TOGO RÉUSSIT UN COUP DIPLOMATIQUE MAJEUR ET PORTE LA VOIX DE L’AFRIQUE POUR « CORRIGER LA CARTE DU MONDE »

Une initiative togolaise qui dépasse la géographie pour devenir un message politique, culturel et symbolique adressé au monde

Il est des moments dans la vie d’une nation où une initiative dépasse largement les frontières du pays qui l’a portée. Ce sont des moments où une idée nationale devient progressivement une question internationale et où la voix d’un État, quelle que soit sa taille, parvient à résonner au cœur du système multilatéral.
L’initiative portée par le Togo aux Nations Unies autour de la représentation cartographique du monde appartient incontestablement à cette catégorie.
À travers la démarche visant à promouvoir une représentation plus juste et plus équitable du monde, le Togo vient de poser un acte diplomatique qui mérite d’être regardé avec attention. La résolution présentée devant l’Assemblée générale des Nations Unies a obtenu 164 voix favorables, contre une voix défavorable et six abstentions.
Ce résultat constitue un succès diplomatique important.
Mais, à mes yeux, le véritable enjeu se trouve ailleurs : dans la capacité du Togo à avoir transformé une question apparemment technique en un débat international portant sur la perception des continents, l’éducation, l’équilibre symbolique entre les peuples et la place de l’Afrique dans l’imaginaire collectif mondial.

Le Togo ose proposer au monde une autre manière de regarder le monde

Depuis notre enfance, nous apprenons à regarder la planète à travers des cartes.
Ces cartes nous accompagnent à l’école, dans les livres, les atlas, les administrations, les universités et jusque dans nos foyers.
Elles semblent tellement familières que nous oublions parfois qu’une carte n’est pas une reproduction absolument neutre de la réalité.
Toute projection cartographique implique des choix et certaines projections peuvent considérablement déformer les proportions réelles des territoires.
L’Afrique, en particulier, est souvent représentée d’une manière qui ne permet pas toujours de mesurer visuellement son immense superficie.
C’est pourquoi l’initiative togolaise revêt une dimension beaucoup plus profonde qu’une simple question de cartographie.
Elle nous invite à nous interroger sur la façon dont les générations présentes et futures perçoivent les continents.
Quelle image du monde transmettons-nous à nos enfants ?
Quelle place donnons-nous visuellement et symboliquement à l’Afrique ?
Et comment construire une représentation du monde qui soit davantage fidèle aux réalités géographiques ?
Voilà le débat que le Togo contribue à ouvrir.

Une diplomatie togolaise qui ose la bataille des idées

À travers cette initiative, le Togo démontre également que la diplomatie contemporaine ne se résume pas aux négociations traditionnelles.
La diplomatie est aussi une bataille des idées.
Elle consiste à savoir identifier les questions qui peuvent devenir des sujets d’intérêt international, à construire un argumentaire, à convaincre des partenaires et à transformer une réflexion en décision collective.
C’est précisément ce chemin que le Togo vient de parcourir.
Lomé aurait pu rester spectateur.
Le Togo a choisi d’être acteur.
Il aurait pu considérer que les grandes questions internationales appartenaient exclusivement aux grandes puissances.
Il a choisi de démontrer le contraire.
Cette démarche mérite d’être saluée.

Faure Gnassingbé : l’ambition d’un Togo qui compte sur la scène internationale

Faure Gnassingbé : l’ambition d’un Togo qui compte sur la scène internationale

Cette réussite diplomatique doit naturellement être replacée dans la dynamique internationale du Togo.
Sous l’autorité de Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le Togo cherche à renforcer son positionnement dans le concert des nations et à développer une diplomatie capable de défendre les intérêts du pays tout en participant aux grands débats internationaux.
L’une des forces d’un État réside dans sa capacité à faire entendre sa voix.
Et la voix d’un pays devient d’autant plus forte lorsqu’elle ne se limite pas à réclamer, mais lorsqu’elle propose.
Le Togo vient précisément de proposer.
Il a porté une idée devant l’Organisation des Nations Unies.
Il a convaincu une très large majorité des États membres.
Il a ainsi démontré que la taille d’un territoire ne détermine pas nécessairement la portée d’une idée.
C’est peut-être l’une des plus belles leçons de cette initiative.

Robert Dussey, artisan d’une diplomatie togolaise offensive

Robert Dussey, artisan d’une diplomatie togolaise offensive

Il serait également injuste de ne pas saluer le travail du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui a porté et défendu cette initiative dans l’espace diplomatique international.
La diplomatie exige de la conviction, de la persévérance et une capacité permanente à dialoguer.
Porter une initiative devant les Nations Unies implique de convaincre des délégations venues de cultures, de continents et d’horizons politiques différents.
C’est donc un travail qui mérite reconnaissance.
À travers cette démarche, la diplomatie togolaise démontre qu’elle peut porter des sujets qui dépassent les préoccupations strictement nationales.
Elle contribue ainsi à faire du Togo un pays qui ne se contente pas d’observer les transformations du monde, mais qui entend également participer à leur définition.


Une victoire diplomatique qui résonne dans toute l’Afrique

Je considère également cette initiative comme une victoire symbolique pour l’Afrique.
Le continent africain doit progressivement sortir d’une posture dans laquelle il est trop souvent présenté comme un espace auquel les autres viennent apporter des solutions.
L’Afrique doit être capable de proposer ses propres visions.
Elle doit produire des idées.
Elle doit participer aux grandes discussions internationales.
Elle doit faire entendre ses intellectuels, ses diplomates, ses chercheurs, ses entrepreneurs, ses artistes et sa jeunesse.
Le Togo vient de montrer qu’un pays africain peut porter une initiative originale à l’échelle mondiale.
C’est un message particulièrement important pour la jeunesse africaine.
À nos jeunes, il faut dire :
Osez penser grand.
Osez proposer.
Osez porter vos idées au-delà de vos frontières.
Car l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à devenir productrice d’idées et de solutions pour l’humanité.

La carte du monde et la bataille des représentations

Il faut comprendre que les représentations jouent un rôle considérable dans la construction des imaginaires.
Pendant longtemps, les Africains ont parfois appris à regarder leur propre continent à travers le regard des autres.
Cette époque doit progressivement laisser place à une nouvelle conscience.
Nous devons pouvoir regarder l’Afrique avec ses véritables dimensions, sa diversité, sa profondeur historique, ses civilisations, ses cultures et son potentiel.
La question cartographique devient alors une question de représentation.
Et derrière la représentation se trouve une question encore plus importante : celle de la perception.
Ce que nous montrons influence ce que nous pensons.
Et ce que nous pensons influence parfois ce que nous construisons.
C’est pourquoi cette initiative mérite d’être prise au sérieux.

Une diplomatie qui porte également un message de dignité

Pour moi, l’un des aspects les plus intéressants de cette démarche est sa dimension symbolique.
Elle participe à une volonté plus large de rééquilibrer certains regards sur le continent africain.
Il ne s’agit pas de demander au monde de regarder l’Afrique avec complaisance.
Il s’agit de demander que l’Afrique soit regardée avec justesse.
L’Afrique ne réclame pas un privilège.
Elle réclame simplement une représentation fidèle de sa réalité.
Et le Togo a choisi de porter cette question dans l’un des espaces les plus importants du multilatéralisme mondial.

Un moment de fierté pour le peuple togolais

Le peuple togolais peut légitimement ressentir de la fierté.
Voir son pays porter une initiative devant l’Assemblée générale des Nations Unies et recueillir un soutien aussi massif est un événement qui mérite d’être reconnu.
Cette réussite appartient à la diplomatie togolaise.
Elle appartient aux équipes qui ont travaillé sur le dossier.
Elle appartient aux représentants du Togo qui ont défendu cette vision.
Elle appartient également, symboliquement, à tous les Togolais qui voient leur pays contribuer à un débat international.
Il faut savoir célébrer les réussites de son pays lorsque celles-ci sont réelles.
Et celle-ci mérite incontestablement d’être soulignée.

Le Togo, laboratoire d’une diplomatie d’influence

Cette initiative peut également ouvrir une nouvelle réflexion sur le rôle du Togo dans les relations internationales.
Le pays possède un potentiel diplomatique qui ne doit pas être sous-estimé.
Sa position en Afrique de l’Ouest, son engagement dans les organisations internationales et sa capacité à dialoguer avec différents partenaires peuvent lui permettre de jouer un rôle plus important dans les grands débats africains et internationaux.
Mais cette influence devra être entretenue.
Une initiative réussie doit être suivie d’autres initiatives.
Une victoire diplomatique doit devenir une dynamique.
Le Togo doit continuer à investir dans la diplomatie, la recherche, la culture, l’éducation, la jeunesse et la coopération internationale.
C’est ainsi qu’une réussite ponctuelle peut devenir une véritable stratégie d’influence.

Une leçon pour l’Afrique

L’initiative togolaise nous rappelle finalement une vérité essentielle :
un pays n’a pas besoin d’être une grande puissance pour porter une grande idée.
Il lui faut de la vision.
Il lui faut de la conviction.
Il lui faut une diplomatie capable de convaincre.
Et surtout, il lui faut croire en sa propre capacité à contribuer au débat mondial.
Le Togo vient de nous donner cette leçon.
Dans un monde où les rapports de force évoluent rapidement, l’Afrique doit apprendre à utiliser davantage sa puissance intellectuelle, culturelle et diplomatique.
Nous ne devons plus seulement demander quelle place le monde veut bien nous accorder.
Nous devons également être capables de proposer la place que nous voulons occuper.

Hommage à la diplomatie togolaise

En tant qu’observateur engagé des questions africaines et de coopération internationale, je veux saluer cette initiative avec une conviction particulière.
Je veux saluer le Togo.
Je veux saluer ses diplomates.
Je veux saluer le ministre Robert Dussey et l’ensemble des équipes qui ont contribué à défendre cette proposition.
Je veux surtout saluer la vision portée au plus haut niveau de l’État par Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil.
L’histoire jugera naturellement la portée à long terme de cette initiative.
Mais une chose est déjà certaine : le Togo a réussi à faire parler de lui dans un débat qui concerne l’ensemble de la planète.
Et c’est précisément ce que doit rechercher une diplomatie moderne : faire entendre la voix de son pays, défendre ses intérêts, mais aussi apporter quelque chose au débat universel.

L’Afrique ne veut plus seulement être représentée : elle veut participer à la représentation du monde

Au fond, l’histoire de cette initiative pourrait se résumer en une phrase :
le Togo n’a pas seulement voulu être visible sur la carte du monde ; il a voulu contribuer à la manière dont le monde se représente lui-même.
C’est là toute la force symbolique de cette démarche.
Aujourd’hui, depuis Lomé jusqu’à New York, une idée togolaise a franchi les frontières.
Elle a rencontré le débat international.
Elle a obtenu une très large majorité.
Elle ouvre désormais une réflexion qui dépasse le seul Togo.
Et peut-être est-ce cela, finalement, la véritable diplomatie d’influence : partir d’une idée nationale, lui donner une portée universelle et convaincre le monde de l’écouter.
Le Togo vient de le faire.
À nous, Africains, de regarder cette initiative non seulement avec fierté, mais aussi avec ambition.
Car l’avenir de notre continent ne doit pas seulement être écrit par les autres.
L’Afrique doit prendre pleinement part à l’écriture de son propre récit.
Et aujourd’hui, sur la scène des Nations Unies, le Togo vient d’écrire une nouvelle page de ce récit.

Par Sottima Kérékou Aubin Joyeux

Président de l’ODEGA, Observateur engagé des questions africaines, de diplomatie citoyenne et de coopération internationale www.odega.org

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